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Assistant(e) de vie : un métier essentiel pour garantir la cohésion sociale et le libre-choix de chacun

Personne agée et jeune femme

Les assistants de vie à domicile sont un pilier de la cohésion sociale entre tous les concitoyens, pour les particuliers employeurs fragiles, qu’ils soient en perte d’autonomie ou en situation de handicap. Les épisodes de canicule récurrents et la récente crise sanitaire ont d’ailleurs rappelé à chacun le rôle fondamental de ces travailleurs de « première ligne », au cœur de notre société.

Depuis 2023, la Journée nationale du 17 mars, lancée à l’initiative du ministère des Solidarités, de l’Autonomie et des Personnes handicapées, leur rend hommage et remet en lumière l’importance de ces femmes et de ces hommes, qui font vivre au quotidien le lien social et la solidarité intergénérationnelle.

Vieillir ou vivre avec son handicap chez soi : une aspiration profonde de nos concitoyens

C’est une constante depuis près de 20 ans dans toutes les enquêtes d’opinion publique officielles : 90 % de nos concitoyens préfèreraient vieillir chez eux. Parallèlement, la France, comme la plupart des pays européens, fait face au défi du vieillissement de sa population : 1 Français sur 3 sera âgé de plus 60 ans en 2030, soit 20 millions d’individus.
L’emploi à domicile entre particuliers constitue une réponse, à la fois à ce grand enjeu démographique du vieillissement et aux aspirations profondes des personnes en perte d’autonomie ou en situation de handicap.

Aujourd’hui déjà, plus d’un million des particuliers employeurs fragiles ont fait le choix d’être accompagnés chez eux, par 550 000 assistants de vie, pour répondre à leurs besoins du quotidien.

Parmi ces particuliers employeurs vulnérables :

  • 7,2 % sont en situation de handicap,
  • 580 000 sont âgés de 80 ans et plus.

Parce que les rapports de confiance et d’intimité qui se nouent au sein du domicile, entre les assistants de vie et leurs particuliers employeurs, sortent du cadre d’une relation d’emploi classique, ils constituent aussi une réponse concrète à l’isolement social, qui touche aujourd’hui plus de 500 000 personnes âgées de plus 60 ans, en France.

Si organiser sa vie à domicile avec le concours d’un assistant de vie est un choix privilégié pour les particuliers employeurs fragiles, c’est qu’il leur permet de conserver, dans leur foyer, la maîtrise de leur environnement, de leur emploi du temps, de leurs loisirs et même de leur alimentation ou de leurs relations sociales.

Au-delà d’être des contributeurs indispensables à la prise en charge de la perte d’autonomie, les assistants de vie sont ainsi les garants de la liberté de choix et d’autodétermination pour les personnes vulnérables.

Cette liberté fondamentale est au cœur du modèle d’emploi direct et de son accompagnement mandataire, défendu par la Fepem.

Assistants de vie à domicile : valoriser les personnes et leurs métiers

Rendre plus attractifs les métiers du domicile est un axe majeur, tant pour les décideurs publics, que pour l’ensemble du secteur de l’emploi à domicile, alors qu’on estime à 305 000 le nombre de recrutements nécessaires d’ici à 2030, afin de répondre aux besoins de la population, et qu’un poste d’assistant de vie sur cinq était non pourvu en 2023.

Les aides à domicile, que l’on appelle aussi « auxiliaires de vie sociale » ou « accompagnants éducatifs et sociaux », sont ainsi aujourd’hui le troisième métier le plus en tension de recrutement des 5 prochaines années, identifié par France Stratégie.

Intervenant seuls chez les particuliers, pour les seconder dans les actes de leur vie quotidienne, les assistants de vie à domicile sont également essentiels pour favoriser leur épanouissement social. Prenant en charge une grande diversité de missions, ils s’adaptent continuellement à l’évolution des besoins et au niveau d’autonomie des personnes qu’ils accompagnent : de l’entretien de l’hygiène à celui du cadre de vie, du lever au coucher, de la préparation des repas, à la dispense de soins indispensables, voire vitaux.

Comment construire l’attractivité et la professionnalisation du métier d’assistant de vie ?

Face à la pénurie de candidats aux métiers du domicile et pour faire face aux défis de recrutement, l’Etat et les acteurs professionnels du secteur ont lancé, depuis 2020, plusieurs plans d’actions, notamment dans le cadre du Plan métiers du grand âge et de l’autonomie.

Aux côtés des acteurs de la branche, la Fepem se mobilise aussi pour susciter des vocations, assurer une meilleure qualification des assistants de vie, et renforcer leurs liens avec les particuliers employeurs, notamment via :

  • Le développement de leur droit à la formation continue, sécurisé au sein de la convention collective du secteur.
  • Le renforcement de leur socle d’apprentissages professionnels, dispensés par Iperia, plateforme nationale de professionnalisation de l’ensemble de la branche de l’emploi à domicile.
  • La promotion des Relais Assistants de Vie (RAVie), lieux de rencontre et d’échange entièrement dédiés aux assistants de vie. Les RAVie favorisent entre eux le partage d’expérience et de bonnes pratiques. Ils sont ainsi créateurs de lien social et permettent de rompre l’isolement personnel des assistants de vie à domicile. C’est pourquoi la Fepem appelle de ses vœux l’intégration pleine et entière des RAVie dans la politique publique, ainsi que leur déploiement systématique dans l’ensemble des territoires.
  • Le Lab Migration pour l’emploi à domicile, programme inédit à l’échelle d’une branche professionnelle, est déployé sur le plan local avec des partenaires publics, depuis deux ans : tout d’abord avec le projet pilote à Marseille, puis en Île-de-France. Dans les prochains mois, il sera mis en œuvre dans les Hauts-de-France et en Normandie, avant d’être développé dans d’autres régions. Le Lab Migration offre un parcours de formation individualisé à l’attention de publics primo-arrivants en France aux métiers de garde d’enfants, d’assistant de vie, ou d’employé familial : qu’ils soient signataires d’un contrat d’intégration républicaine, d’un contrat d’accueil et d’intégration, ou encore bénéficiaires d’une protection internationale (comme les réfugiés, y compris Ukrainiens).
  • Et dans les territoires, de nombreuses conventions de projet locales de la Fepem mettent en relation les particuliers employeurs et leurs futurs assistants de vie, comme l’initiative des « 4 vallées », dans les Alpes-Maritimes.

À l’heure où le « virage domiciliaire » s’inscrit en tant qu’orientation majeure des politiques publiques du grand âge et de l’autonomie, l’un des axes directeurs des politiques d’avenir, doit être aussi de permettre à chaque citoyen d’avoir la possibilité de vieillir chez soi, selon ses souhaits et quel que soit son niveau de vie.

Pour permettre concrètement aux particuliers qui le veulent, de recourir à un assistant de vie à domicile, la Fepem s’engage pour leur solvabilisation, condition nécessaire à l’effectivité de leur droit et de leur libre-choix, en promouvant :

  • Le rehaussement de la PCH (Prestation de Compensation du Handicap), à hauteur de 150% du salaire horaire brut de l’assistant de vie (mesure adoptée lors de la Conférence nationale du Handicap de 2023 sous la présidence du Président de la République), ainsi que sa revalorisation régulière, non seulement selon la hausse tendancielle du coût de la vie, mais aussi en y intégrant progressivement l’ensemble des dépenses inhérentes à la relation d’emploi à domicile.
  • La fixation d’un tarif national « socle » de l’APA (Allocation personnalisée d’autonomie), aligné sur le mode de calcul de la PCH préconisé par notre fédération.